Projet de naissance de Mr et MMe B

Nous avons rédigé ce document pour partager avec vous nos souhaits concernant l’arrivée de notre enfant. Notre objectif est de vivre cette naissance de manière active et physiologique, tout en instaurant une relation de confiance avec votre équipe.

Nous avons conscience que l’accouchement comporte une part d’imprévisible. Nous nous en remettons à votre expertise professionnelle pour assurer notre sécurité médicale. En l’absence d’urgence ou de risque avéré, nous vous demandons de faire appel à votre capacité d’adaptation pour respecter au maximum le déroulement naturel du travail et éviter les actes de routine systématiques.

Nous souhaitons avant tout être informés et impliqués dans chaque prise de décision médicale nous concernant ou concernant notre enfant.

Pendant le travail

Notre priorité est de favoriser la physiologie pour limiter le recours aux interventions médicales (telles que la péridurale ou l’ocytocine de synthèse). Pour cela, nous souhaitons :

  • Une présence continue : Ne jamais être séparés au cours du travail.
  • Le respect du rythme naturel : Éviter tout déclenchement artificiel (décollement des membranes, rupture de la poche des eaux, gel, perfusion d’ocytocine) sauf en cas de stricte nécessité médicale.
  • La liberté de mouvement : Pouvoir marcher, changer de position, boire et manger léger tant que cela est possible.
  • Un suivi respectueux : Privilégier un monitorage fœtal intermittent plutôt que continu pour préserver la mobilité.
  • Des examens limités : Réduire les touchers vaginaux au strict nécessaire (idéalement pas plus de 5 ou 6) pour limiter les risques d’infection et d’inconfort.
  • L’absence d’actes de préparation de routine : Ne subir ni lavement, ni rasage, ni pose de voie veineuse systématique si le travail est physiologique.

Au moment de la naissance

Pour l’expulsion et la rencontre avec notre bébé, nous privilégions la douceur et l’écoute du corps :

  • L’intimité : Maintenir une atmosphère calme, avec une lumière tamisée et un nombre restreint d’intervenants dans la salle.
  • La position d’accouchement : Pouvoir choisir librement la position la plus confortable pour l’expulsion, en évitant si possible la position gynécologique classique.
  • Le respect du périnée : Laisser le temps aux tissus de s’étirer (descente lente, compresses chaudes). Nous préférons le risque d’une déchirure naturelle (qui ne nécessite pas systématiquement de suture) à une épisiotomie.
  • La poussée : Attendre le réflexe naturel d’éjection plutôt que de recourir à des poussées dirigées trop précocement.
  • L’intervention instrumentale : N’utiliser les forceps ou la ventouse qu’en cas de détresse fœtale avérée ou d’urgence vitale.
  • La surprise : Découvrir par nous-mêmes le sexe de notre enfant à sa sortie.
  • L’accueil immédiat : Placer le bébé en peau à peau sur le ventre de sa mère dès les premières secondes, avant même de couper le cordon.

L’accueil du bébé et le post-partum

Nous souhaitons que les premiers instants de vie soient dédiés à l’attachement :

  • Le cordon ombilical : Attendre qu’il ait totalement cessé de battre avant de le clamper et de le couper.
  • Les premiers soins : Reporter la pesée, les mesures et le bain à plus tard. Si des soins de routine doivent être faits rapidement, nous demandons qu’ils soient réalisés directement sur le ventre de la mère.
  • L’interventionnisme néonatal : Éviter l’aspiration systématique des voies respiratoires si le bébé gère bien ses sécrétions, ainsi que la vérification systématique de la perméabilité anale par sonde.
  • L’administration de traitements : Nous souhaitons discuter avec le pédiatre avant toute administration de collyre antibiotique, de vitamine K ou de vitamine D, et nous refuserons l’administration de fluor ou le suivi glycémique sans indication médicale spécifique.
  • La délivrance : Laisser le placenta s’expulser naturellement sans traction excessive ni administration d’ocytocine de synthèse en prévention, sauf si des signes d’hémorragie apparaissent.
  • La sortie précoce : Pouvoir rentrer chez nous quelques heures après l’accouchement, si les paramètres vitaux de la mère et de l’enfant sont excellents.

En cas d’imprévus

Si la situation exige une médicalisation plus poussée, nous souhaitons maintenir notre rôle de parents :

  • En cas de soins urgents pour le bébé : Que le partenaire puisse accompagner l’enfant en permanence et que les soins soient expliqués à voix haute.
  • En cas de césarienne : Que le partenaire soit présent dans le bloc opératoire. Nous demandons, si l’anesthésie le permet, que le champ opératoire soit abaissé au moment de la sortie du bébé et qu’un peau à peau immédiat (avec la mère ou le partenaire) soit facilité.
  • Concernant l’alimentation : Si l’allaitement direct est temporairement impossible, nous souhaitons que la mère soit accompagnée pour tirer son lait, et que celui-ci soit donné à l’enfant à la seringue, à la cuillère ou au DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation), en refusant l’usage de la tétine. Aucun lait artificiel ou eau sucrée ne doit être donné sans notre accord explicite.

Comprendre nos choix : Physiologie et Environnement

Pour faciliter la compréhension de notre démarche, voici un résumé des raisons physiologiques qui motivent nos choix, fondées sur le respect de l’équilibre hormonal naturel de l’accouchement (ocytocine, endorphines, adrénaline).

Pratique courante souvent constatéeNotre préférence physiologiqueRaison scientifique et physiologique
Déclenchement artificiel (Gel, Ocytocine de synthèse, rupture de la poche)Début spontané du travail (sauf urgence)Le déclenchement génère des contractions plus soudaines et intenses. Cela augmente drastiquement la douleur, le besoin de péridurale, le risque de souffrance fœtale et le taux d’extraction instrumentale.
Péridurale de confort et immobilisation sur le dosGestion naturelle de la douleur avec liberté de mouvementLa mobilité aide le bébé à s’engager. L’immobilisation sur le dos ferme le bassin, ralentit le travail, altère l’oxygénation du fœtus et bloque la production d’endorphines naturelles.
Environnement clinique (bruit, lumière forte, allées et venues)Environnement intime et calmeLa lumière forte et le stress stimulent l’adrénaline, qui est l’antagoniste direct de l’ocytocine (l’hormone des contractions). Le stress ralentit ou stoppe le travail.
Délivrance dirigée (injection d’ocytocine préventive)Délivrance spontanéeUne atmosphère calme post-naissance et la mise au sein précoce génèrent un pic d’ocytocine naturelle chez la mère, suffisant dans la majorité des cas pour expulser le placenta et prévenir l’hémorragie.

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